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Des yeux de verre

DES YEUX DE VERRE
De Michel Marc BOUCHARD 

Avec

Erick BONNEGRACE (Daniel)
Brigitte VILLARD-MAUREL (Judith)
Juliette MOUTERDE (Brigitte)
Frédérique PLESSIS (Estelle)

Régisseur
Fred LIBAR

Mise en scène et Scénographie
Valer’EGOUY

Ricardo MIRANDA (assistant)

LA PIECE

Michel Marc Bouchard, ce brillant dramaturge québécois, nous livre ici un texte incontournable, tout en clair-obscur, où l’humour n’est pas exclu de la tension dramatique.

Cette histoire nous emmène dans l’atelier d’un fabricant de poupées artisanales. Des chefs-d’œuvre créés à partir des matières premières les plus rares, comme des yeux en verre soufflés qui donnent vie à ses créations. Daniel, l’artiste, est au centre de l’attention : une rétrospective de son œuvre se prépare, des journalistes du monde entier doivent venir rencontrer le maître. Pourtant, au sein de sa famille, le héros de la fête semble en retrait.  Depuis des années il s’isole et reproduit sans cesse la même poupée, jusqu’au jour où, une mystérieuse admiratrice, Pélopia, entre dans l’atelier et redonne son souffle au maître…

Quatre personnages se cherchent, s’évitent, s’affrontent, se cognent. Un père qui vit dans un temps suspendu. Une fille qui désespère de trouver l’amour de son père. Une femme qui cherche à comprendre le passé. Une mère qui cherche à tout prix à sauver sa famille. Huis-clos familial oppressant. Entre cruauté et subtilité, l’auteur donne naissance à des personnages forts. En jouant à certains moments la carte de l’absurde et de l’hystérie, il met en lumière les tourments et les déchirures qui ne cessent de grandir au fil du temps qui passe. Une œuvre forte, empreinte d’humanité, tissée d’émotions contradictoires, qui creuse les tréfonds de l’intime.

 

LE CHOIX DE MISE EN SCENE

Nous avons voulu pour cette pièce valoriser le plus possible le texte. Le thème abordé par Michel Marc Bouchard est intemporel. L’auteur cherche à faire valoir son point-de-vue sur le monde et à interroger la nature humaine. Il  le fait sans détour, sans utiliser de ressorts dramatiques visant à « piéger » le spectateur.

L’inceste est au cœur de la pièce. Plutôt que de dénoncer l’horreur de l’acte, l’auteur place l’histoire 15 ans plus tard, et montre comment la famille a dû se construire un équilibre autour de l’indicible.

Ce texte nous a touchés par sa force et par sa justesse. Ce qui nous a conduits à faire le choix d’une mise en scène épurée pour que les mots et la parole donnent toute leur résonnance. Le prisme par lequel les spectateurs sont invités à découvrir et à entendre cette écriture singulière est celui du réalisme sans aucun artifice. Nous avons voulu rester au plus près de ce que vivent les personnages et mettre nos émotions à leur service.

Nous cherchons à interpeler le public sur la complexité de la situation, chacun des protagonistes ayant sa part d’ombre et de lumière. Ici, le voyeurisme n’a pas de mise. Le spectateur est ainsi placé au cœur de cette problématique à la fois douloureuse, complexe et ambigüe. Une réflexion qu’il ramènera chez lui.

 

 

 

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