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« Les sardines grillées » de Jean-Claude DANAUD

LES SARDINES GRILLEES
Jean-Claude DANAUD 

avec

Brigitte VILLARD-MAUREL (Solange)
Juliette MOUTERDE (Victoire)

Création lumière, Recherche musicale et Son
Fred LIBAR

Mise en scène et Scénographie
Valer’EGOUY

 

 

Jean-Claude DANAUD

Prix Tête d’Or en 1991 pour la pièce « Le coin de non-retour » interprétée par Magali Noël.

Prix d’écriture radiophonique SACD/OFREDIA pour « Dieu ait son âme » enregistrée par Bernadette Lafont et Luis Rego.

Né à Paris en 1948, Jean-Claude Danaud fait ses études de droit et se tourne très vite vers l’écriture théâtrale. Sa première création en 1977 « Ouvrages de dames » (traduite et jouée dans une vingtaine de pays) fut suivi de « La colombe sauvage » (1980)  et de la truculente « Les sardines grillées » (1981). Ses plus récentes créations sont entre autres « Tradition oblige » en 2003, « L’âme seule »… « Dimanche »….

Il a également écrit pour la télévision « Le Rond » et « Adélaïde » en 1980 et 30 dramatiques pour TF1 entre 1989 et 1995,  ainsi qu’une quarantaine de pièces radiophoniques pour Radio-France avec pour interprètes Judith Magre, Pierre Arditi, Mickaël Lonsdale….

Il a une prédilection pour le comique grinçant et l’humour noir.

 

 

LA PIECE ET L’AUTEUR

Une rue, un banc. Domaine de Victoire, inénarrable clocharde qui règne depuis 20 ans sur le quartier. Elle a élu domicile sur un banc public face à une maison bourgeoise dans une ville de province. Choix peu anodin : pour des raisons personnelles, cette habitation l’intéresse particulièrement.

Pour étendre son pouvoir jusqu’à cette demeure, Victoire grille tous les jours des sardines (dont l’odeur se répand allègrement jusqu’aux narines des propriétaires) et elle détourne de ses fonctions, la bonne qui doit passer devant le banc pour entrer chez ces patrons.

A ce petit jeu, ce sont les bonnes qui trinquent le plus, tiraillées qu’elles sont entre la clocharde et leur maîtresse de maison. Depuis toutes ces années pas une seule n’a résistée plus de 6 mois dans la place.

Arrive Solange, la nouvelle bonne qui, à la différence des autres, n’est pas de première jeunesse, même si elle ne connait pas encore grand-chose de la vie. Cette rencontre explosive va permettre de découvrir deux femmes drôles, surprenantes et attachantes.

Cette pièce est une mise en abyme du quotidien : la rue, dans son ordinaire le plus banal, se métamorphose en une pièce où apparaissent des personnages que seule la magie de l’instant ou de l’instinct pousse à se découvrir.

Le trait est vif, incisif, cinglant. Les répliques volent comme autant de scalpels et laissent les personnages et les situations dépouillées. Le propos oscille entre le drame et le rire et met en scène des personnages émouvants et pitoyables.

Si Jean-Claude Danaud aime bien les hommes, il les châtie durement et pose la question de la place de la femme dans la société.

 

LE JEU OU CHOIX DE MISE EN SCENE

La mise en scène est pour servir les deux comédiennes et le texte de l’auteur (avec quelques petites coupures). Mais il est tout de même visible que la gestuelle est inscrite dans le contexte créole ou régional. L’utilisation de la forme circulaire indique bien la recherche ou l’obstination d’un personnage dans sa quête. Tandis que l’autre passe et vient… dans l’esprit de la progression. Elle fonctionne en ligne très souvent droite, avance dans ses projets.

Puisque l’action se déroule dans la rue, il a été agréable de créer du contact avec le public même si l’on pourrait croire à un choix de jeu intimiste. C’est très ouvert et l’idée du voyage est bien présente par la musique qui accompagne les transitions, le temps qui passe… L’interactivité est comme une prise de risque que nous proposons mais c’est aussi une manière simple de vérifier la vérité du jeu sur scène ; le rapport avec l’assistance.

Ces situations font évoluer le jeu des comédiennes qui s’enrichissent des réactions du public qui est aussi un acteur important du spectacle puisqu’il n’est pas question de le garder loin de l’odeur ou de l’univers « Les sardines grillées ».

 

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